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Thomas est amoureux |
Un film de
: Pierre-Paul Renders (Belgique-France)
avec : Benoît Verhaert, Magali Pinglaut,
Aylin Yay et Micheline Hardy
Distributeur : Sagittaire Films

Synopsis:
Thomas, 32 ans, souffre d'agoraphobie aiguë.
Depuis huit ans, il vit reclus chez lui sans
laisser entrer personne.
Il ne voit les gens que par l'écran
de son ordinateur.
Il a confié la gestion de sa vie à
la Globale, une société d'assurances
qui veille sur son bien-être matériel
et psychologique.
C'est le bonheur ou presque. Mais Thomas est
seul.
Avec Thomas est amoureux, son premier long
métrage de fiction, Pierre-Paul Renders,
avec la complicité de Philippe Blasband
au scénario, s'attaque à notre
société de l'hyper-communication.
Dans un futur à peine décalé
de notre présent, il met en scène
un jeune homme, Thomas, qui souffre d'agoraphobie
aiguë et vit reclus dans son appartement
depuis bientôt huit ans, sans aucun
contact avec le monde extérieur.
Cas pathologique extrême, résumant
à lui seul les travers d'une société
dominée par les médias et où
la permanence des images conditionne l'isolement
des hommes, Thomas ne communique plus avec
les autres que par vidéophone interposé.
Sa vie sociale se limite à l'écran
de son ordinateur et sa vie affective, aux
vagues échanges verbaux qu'il a avec
sa mère, son psy, son agent d'assurance
ou encore Clara, une image de synthèse
avec qui il pratique le sexe virtuel. Sécurité
maximum, irresponsabilité totale, soumission
acceptée, tout pourrait aller pour
le mieux dans le meilleur des mondes si la
maladie de Thomas, dont chacun tire profit,
ne supposait une thérapie. Pour prévenir
une éventuelle lassitude dans ce bonheur
aseptisé, son psy oblige Thomas à
participer à un club de rencontre.
Des femmes apparaissent sur son écran,
images désincarnées d'une misère
affective que Thomas refuse de partager. Pourtant,
l'une d'elles l'attire, Mélodie, jeune
fille naïve à la recherche de
l'amour, avec qui il amorce un semblant de
relation, hélas bien vite vouée
à l'échec, Thomas refusant de
quitter son bunker d'appartement. Pour enrayer
un sentiment de déprime, signe d'une
possible amélioration dans la maladie
de Thomas, son assureur lui conseille de prendre
contact avec une agence de prostituées,
aide médicale garantie par l'État
et dont il bénéficie. Là,
il rencontre une femme, Eva, délinquante
marginale qui a accepté de se prostituer
pour réduire sa peine de prison. Elle
le touche, le bouleverse et met en cause les
raisons de sa phobie. Soudain, c'est l'irruption
du vivant dans le monde mortifère de
Thomas. Et Thomas est amoureux. Se pose alors
pour lui la question du seul acte d'amour
possible, sortir de chez lui. Acte d'amour
mais aussi acte de révolte contre la
société qui l'y a enfermé.
Thomas est amoureux est bourré de
qualités. Son propos parle bien d'aujourd'hui
et soulève avec justesse des questions
qui nous concernent directement : ainsi celle
de la disparition des corps, du charnel, du
vivant, celle de l'apparition d'un modèle
social unique conditionnant les relations
humaines, celle enfin du totalitarisme des
images, de la manipulation des médias
et de comment y résister et s'en libérer.
Son traitement est judicieux et amplifie la
portée de ce propos. Ainsi Pierre-Paul
Renders construit-il son film à partir
de la mémoire du vidéophone
de Thomas. Chaque communication enregistrée
devient une séquence du film et leur
défilement ininterrompu, pareil à
une succession de messages sur un répondeur
téléphonique, nous livre progressivement
l'histoire de Thomas. Celui-ci n'apparaissant
jamais à l'écran, nous ne le
connaîtrons que par sa voix, ce qui
renforce encore l'effet de claustrophobie
et d'enfermement que le film stigmatise. Enfin
Pierre-Paul Renders a une réel souci
de nous rendre crédible ce futur cybernétique,
multipliant les signes, les indices nous permettant
de mieux comprendre les conditions de vie
de ses personnages.
Et pourtant, malgré toutes ces qualités
d'écriture et d'invention narrative,
la sauce a du mal à prendre et ce sans
doute pour plusieurs raisons. Les dialogues
de Philippe Blasband sont trop souvent au
service de l'efficacité du récit,
ne laissant guère de place à
l'imagination du spectateur. Le jeu des comédiens
et surtout la voix de Thomas manquent de nuances
et se cantonnent dans une banalité
réaliste qui empêche l'émotion
du film de surgir. Le recours systématique
à des images de synthèse pour
habiller le décor ou signifier l'évolution
future de notre société, loin
d'en renforcer l'effet inhumain, en limite
la portée, jouant trop souvent d'une
réelle fascination pour ce genre d'artifice.
Au final, la révolte de Thomas nous
paraît par trop téléphonée,
car entre son univers de cloîtré
et le monde extérieur, se pose la question
de la différence entre les deux. Et
c'est presque malgré soi que l'on se
prend à rêver d'un film qui commencerait
là ou Thomas est amoureux se termine.
Philippe Simon => www.cinergie.be/cinergie/revue47/thomas.html
Thomas est amoureux
35mm, format : 1.66, couleur, 97'
Réal. : Pierre-Paul Renders. Scénario
: Philippe Blasband. Image : Virginie Saint-Martin.
Son : Olivier Hespel. Mont. : Ewin Ryckaert,
Etienne Curchod. Mixage : Thomas Gauder. Int.
: Benoît Verhaert, Aylin Yay, Magali
Pingault, Micheline Hardy, Alexandre Von Sivers,
Fréderic Topart, Serge Larivière.Prod.
: Entre Chien et loup, Studio Sparx, JBA Production,
avec l'aide du Centre National du Cinéma
et de l'Audiovisuel de la Communauté
française.
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