Big
Brother pour les cyber-amants.
03/08/2003 - Associated Press
Big Brother is watching you... surtout
si vous entretenez une relation extraconjugale
sur Internet.
Les maris ou les femmes soupçonneux
qui ont déjà fait appel aux
services d'un détective privé
disposent désormais d'un instrument
des plus modernes pour surveiller les activités
extraconjugales de leur moitié sur
Internet.
Les avocats et les conseillers conjugaux
estiment que l'infidélité sur
le web, les aventures nées sur les
forums de discussion et par courrier électronique
constituent aujourd'hui une des premières
causes de rupture.
Avec cette explosion de cyber-infidélité,
un nouveau marché a vu le jour: l'espionnage
sur Internet. Des sites comme Chatcheaters.com
(infidèles du forum de discussion)
ou InfidelityCheck.org (contrôle de
l'infidélité) fournissent un
éventail de produits de surveillance,
permettant de remonter la piste des courriels
de son conjoint et des forums de discussion,
voire contrôler chaque touche du clavier
utilisée en temps réel.
«Le détective traditionnel
engagé pour trouver des informations
a été remplacé par un
logiciel peu onéreux mais qui peut
donner 100 fois plus de renseignements»,
constate Me John Mayoue, un célèbre
avocat d'Atlanta spécialisé
dans les divorces. «À l'ère
de l'ordinateur, vous pouvez avoir une preuve
si claire qu'il n'y a plus moyen de la contester».
John LaSage a créé le site
Chatcheaters après que son épouse
l'a quitté du jour au lendemain avec
leurs deux filles après 23 ans de mariage...
pour un Néo-zélandais qu'elle
avait rencontré sur Internet.
Son site offre des conseils, du matériel
de surveillance et des histoires de trahison
racontées à la première
personne. On compte en moyenne 400 visiteurs
par jour, principalement des femmes, explique
John LaSage qui vit dans le sud de la Californie.
Ses produits comprennent des mouchards pour
les véhicules (450 dollars américains)
et des programmes de surveillance d'ordinateur
(100 dollars).
John LaSage raconte combien il a été
anéanti de découvrir après
le départ de sa femme qu'elle avait
entretenu une correspondance érotique
sur le Net avec plusieurs hommes. «Je
conseille aux gens d'être prudents (...)
Il faut être préparé à
ce qu'ils vont découvrir».
Me Sandra Morris, une avocate de San Diego
qui préside l'Association américaine
des avocats spécialistes du droit de
la famille, souligne que le développement
de l'infidélité via Internet
soulève des questions délicates
quant à l'intimité informatique.
«Un conjoint peut avoir une conception
déplacée de son droit à
espionner», prévient-elle. «Il
existe des interdictions en matière
de surveillance électronique bien que
beaucoup estiment que, quand il s'agit d'infidélité,
tout est permis».
Me Mayoue précise pour sa part que
les décrets fédéraux
interdisant l'interception des communications
électroniques peuvent s'appliquer au
mariage. «Un conjoint a droit à
une certaine intimité même vis-à-vis
de son mari ou de sa épouse»,
assure l'avocat d'Atlanta.
«J'ai défendu les deux points
de vue. C'est la preuve la plus irréfutable
que l'on puisse avoir en matière de
divorce mais également la plus délicate
avec une possibilité de responsabilité
civile», rappelle-t-il.
David Greenfield, psychologue du Connecticut
et auteur de «Dépendance virtuelle»,
explique que les femmes qui entretiennent
une cyber-relation jugent ces histoires sans
conséquence.
«Mais les époux de ces femmes
ne le voient pas de cette manière»,
prévient le médecin. «Elles
utilisent souvent le même ordinateur
que leur mari. C'est comme avoir quelqu'un
d'autre dans votre chambre». (AP)
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