Jeudi 27 juin 2002 - n°1964 - E-Media
Oubliées, les boîtes de nuit
ou les petites annonces classiques: internet
est devenu le meilleur moyen de faire des
rencontres. Cinq cybercouples nous racontent
leur histoire.
«Le secteur des rencontres sur internet
est en plein boum. En ce moment, je recense
plus de 170 sites», dit Laurent Benson,
créateur de l’annuaire spécialisé
www.guidedamour.com. Cette effervescence a
déclenché une guerre commerciale
entre les nouveaux venus: il s’agit
de conquérir le plus vite possible
la place de numéro un sur un marché
qui ne compte pas encore de leader. Car, bien
entendu, sur ce créneau plus on offre
de possibilités de rencontres et plus
on attire les dragueurs…
Tous ces concurrents ont pourtant beaucoup
de traits communs. A commencer par leur but
commercial: les sites se multiplient sur ce
secteur parce qu’il est rémunérateur.
Les internautes ne paient rien, sauf leurs
rencontres! Les services payants à
valeur ajoutée, qui assurent aux sites
des rentrées plus confortables que
les simples revenus publicitaires, se multiplient.
Netclub.com, pionnier du secteur et fort de
ses 220000 membres, propose aux hommes des
abonnements de 15 euros par mois donnant accès
aux dialogues en direct audio ou aux classements
des annonces récentes… «Seuls
2% de nos membres y ont recours, mais ce chiffre
est en progression constante», assure
Pierre Lemarchand, l’un des fondateurs.
Même chose pour Webseduction.com, implanté
en France depuis un an, qui table sur un chiffre
d’affaires de 1,5 million d’euros
avec des services individualisés comme
la recherche sélective. Marc Simoncini,
fondateur de Meetic.fr, mise sur le modèle
du tout-payant dans le but d’attirer
«les internautes en attente de contact
sérieux». Il promet en échange
une technologie «qui permet de relier
ordinateur, portable et téléphone
fixe». Le cœur est juste à
côté de la poche du portefeuille
et cela suffira à enrichir les plus
habiles !
GUILLAUME CHAZOUILLÈRES
Catherine et
Christian
«Notre première rencontre physique
s’est faite le jour d’Halloween.
Il m’avait proposé en riant de
mettre une citrouille sur la tête pour
ne pas qu’on se reconnaisse.»
Quand elle a vu Christian, Catherine a pourtant
été déçue: «Durant
des semaines d’échanges virtuels,
je l’avais sans doute beaucoup trop
idéalisé», dit-elle. Et
pourtant, ce que ces deux divorcés
de 40 ans avaient construit sur www.netclub.com
était au bout du compte bien réel.
Même si, de Paris à Béziers,
ils continuent à être séparés
par 900 kilomètres. Les amies de Catherine
ont cessé de mettre en doute le sérieux
des relations sur le Net. «Quelques-unes
ont même acheté un ordinateur
pour s’y essayer à leur tour»,
s’amuse aujourd’hui Christian.
Maxime et Olivier
Pour Olivier, 30 ans, c’est sûr:
«L’internet est un excellent moyen
de rencontre pour les gens qui ont du mal
à exprimer leur homosexualité.»
Pourtant, lorsque exilé aux Pays-Bas
l’été dernier il s’est
connecté sur www.citegay.com, il voulait
simplement «y discuter avec des Français».
Et puis il est tombé sur Maxime, 31
ans. Ils se sont depuis pacsés à
Paris. Leur chance? «Avoir été
sur la même longueur d’onde et
avoir passé des heures à délirer
sans chercher quelque chose de particulier
au départ », explique Maxime,
qui note: «La plupart sont simplement
là pour le sexe.»
Patrick et Diana
C’est l’histoire d’un mariage
improbable. Patrick, 46 ans, un boulanger
normand divorcé, et Diana, 20 ans,
étudiante au Gabon, n’avaient
qu’un point commun: leur passion pour
le Net. Ils se sont rencontrés sur
www.abcoeur.com. C’est le coup de foudre
virtuel, suivi d’une avalanche de mails,
«masquant toute différence d’âge»,
note Diana. Il est allé la chercher
au Gabon et s’étonne encore de
«cette première rencontre avec
quelqu’un que je connaissais déjà».
Tom et Amy
Le plus marrant pour Tom et Amy, c’est
qu’ils n’avaient vraiment pas
besoin d’internet pour faire des rencontres.
Ces deux trentenaires se sont inscrits par
curiosité sur la base de données
d’un nouveau café parisien. Un
concept amusant où l’on se fixe
des rendez-vous sur le site www.loveconnectioncafe.com
avant de se rencontrer dans le bar correspondant.
Pour Tom, «cet encadrement est plus
sécurisant pour les femmes que les
sites classiques». Reste qu’«on
ne sait pas quelle image on va renvoyer à
cette autre personne qui nous est inconnue»,
note Amy. Qu’importe, puisque l’objectif
est de provoquer la rencontre. Pour les deux
tourtereaux, elle a été heureuse.
Chantal et Thierry
Voilà deux ans que Chantal a rejoint
Thierry en Belgique. Ces deux divorcés
de 50 ans s’étaient rencontrés
sur www.netclub.com. Ils étaient devenus
de bons copains, qui communiquaient par courrier
électronique. Ils se sont perdus de
vue pendant des mois: Chantal avait changé
d’adresse e-mail. Un jour, elle est
allée rendre visite à cet ami
internaute qu’elle n’avait jamais
vu. Surprise: elle est restée!
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