Jeudi 12 décembre
2002, 18h55 - AFP
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A BERLIN (AFP) - L'Allemagne a été
révulsée jeudi à la découverte
des fantaisies morbides d'un concitoyen qui
a reconnu avoir tué et dévoré
un homme après avoir dégusté
avec lui, devant une caméra, un pénis
rôti.
Pour son voisinage de Rotenburg, paisible
bourgade aux maisons à colombages située
en bordure de la rivière Fulda, dans
l'ouest de l'Allemagne, il est "un gentleman,
poli, serviable et toujours bien habillé".
Ceci n'exclut pas cela: Armin M., informaticien
de 41 ans, est une réplique vivante
du distingué Hannibal Lecter, médecin
cannibale du "Silence des agneaux"
(de Jonathan Demme, 1991) et de "Hannibal"
(de Ridley Scott, 2001). A une exception près:
Armin M. a la délicatesse de demander
à ses victimes l'autorisation de les
goûter.
"Recherche un homme prêt à
se faire manger", disait en substance
la petite annonce publiée sur l'internet,
par laquelle il a rencontré sa victime
en mars l'année dernière. Au
printemps 2001, Bernd Juergen Brandes, ingénieur
berlinois de 42 ans, prend un jour de congé
auprès de son employeur, l'allemand
Siemens, pour se rendre à Rotenburg
où il a rendez-vous avec le mystérieux
internaute. Avant de partir, il vend le contenu
de son appartement et sa voiture, selon les
recherches du quotidien populaire allemand
Bild.
A Rotenburg, les deux hommes, qui ont des
penchants homosexuels, selon la police, décident
de trancher le pénis de Bernd Juergen
Brandes pour le déguster ensemble.
"Ils l'ont flambé, l'ont goûté,
et ont finalement décidé de
le rôtir", explique un enquêteur
relatant les déclarations de l'accusé.
L'ensemble de l'action a été
filmée sur une cassette vidéo
saisie par la police. Son contenu étaye
le récit de Armin M., selon le procureur
de la Hesse, Hans-Manfred Jung.
Après ses expérimentations
culinaires, l'hôte tue son invité
de plusieurs coups de couteau dans le cou,
le pend dans sa cave par les pieds pour l'étriper
avant de le découper en morceaux. Il
conserve la plupart des morceaux dans un congélateur
avant de les consommer, enterrant le reste
du cadavre. Au moment de son arrestation mercredi,
Armin M. s'était mis en quête
d'une nouvelle proie, sans subterfuge, toujours
avec la même volonté de consensus.
Le message des 80 annonces mis sur l'internet
est on ne peut plus clair: "Recherche
jeune homme à abattre, bien bâti
et âgé de 18 à 30 ans".
Cinq hommes avaient déjà répondu
par l'affirmative lorsque la police découvre
les propositions indécentes. Mauvaise
blague ou fou dangereux? Dans le doute, elle
perquisitionne son domicile, où elle
trouve un reste de cadavre congelé,
des morceaux de squelettes humains et des
cassettes vidéo.
Le suspect, qui a avoué sans hésitation,
a été inculpé jeudi de
"meurtre par plaisir" et écroué,
tandis que les recherches se poursuivaient
dans son jardin où d'autres morceaux
de cadavres ont été déterrés.
Un laboratoire a été chargé
de les identifier, selon le procureur de la
Hesse qui n'exclut pas que d'autres victimes
aient pu tomber entre les mains du cannibale.
Soldat pendant douze ans à la Bundeswehr,
l'armée allemande, près de Rotenburg,
puis employé dans une firme d'informatique
à Karlsruhe (ouest), l'accusé
passe auprès de son entourage pour
un homme "toujours correct et amical".
Le tueur présumé a vécu
seul avec une mère dominatrice dans
la grande maison à colombages de Rotenburg.
Depuis la mort de celle-ci, il y a quelques
années, il n'occupait que quelques
unes des nombreuses pièces de la demeure.
Le crime atroce d'Armin M. a ses précédents:
d'autres personnages ont été
rendus célèbres par leur monstrueux
appétit, comme le Japonais Issei Sagawa
qui dépeça à Paris en
1981 sa petite amie pour savourer pendant
trois jours les différentes parties
de son anatomie, ou encore le philologue russe
Andreï Chikatilo, condamné à
mort en 1994 pour avoir dévoré
les organes génitaux de 52 prostitués
et enfants. Mais dans ce cas précis,
relève le psychologue Rudolf Egg, "l'originalité
tient au fait que quelqu'un a consenti à
être la victime".
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