28/07/2003 - Des amourettes
électroniques qui tournent mal
Le recours, de plus en plus fréquent
par les jeunes de la « drague »
sans retenue via l'internet ou les SMS, plane
sur un crime atroce, commis vendredi dernier
au Plessis-Robinson (Hauts-de-Seine), près
de Paris.
Une jeune fille de 17 ans, Annick (prénom
fictif), en crise d'adolescence, s'était
réfugiée dans le monde virtuel.
Elle « chattait » sur des sites
de rencontres, accrochant l'une ou l'autre
de ces relations électroniques pour
un rendez-vous bien réel. L'un de ces
voyages sur la toile l'amena à rencontrer
Yohann, un jeune homme de 23 ans originaire
de l'île de la Réunion. Au terme
de plusieurs rencontres via l'ordinateur,
les deux jeunes gens se rencontrèrent
; Yohann tombant fou amoureux de l'adolescente
; Annick continuant à vivre d'autres
aventures virtuelles.
Vendredi dernier, les deux jeunes gens se
retrouvent dans le pavillon des grands-parents
d'Annick, au Plessis-Robinson. En l'absence
de ceux-ci, c'est là que les deux tourtereaux
ont pris l'habitude de se retrouver fugacement.
Dans la soirée, Annick reçoit
un coup de téléphone d'un homme
sur son portable. Yohann comprend vite qu'elle
a l'intention de le rencontrer. Yohann voit
rouge. Sa colère décuple lorsque
Annick se moque de lui et lui montre des messages
électroniques reçus d'autres
soupirants rencontrés sur le Net. Il
trouve dans le sous-sol du pavillon les instruments
de son crime : une hache et une bouteille
de white spirit. Lorsque Annick le rejoint,
Yohann simule une étreinte. La jeune
fille ne se méfie de rien. Soudain,
l'arme s'abat sur la nuque d'Annick, la fracassant
frénétiquement à 16 reprises.
Yohann l'asperge ensuite de white spirit.
Il boute le feu au corps dans l'espoir de
dissimuler toute trace de son forfait. Les
vêtements ensanglantés, il prend
la fuite et rentre en RER à Egly, une
ville proche où il réside en
compagnie de sa concubine à qui il
avait caché sa double vie.
Placé en garde à vue, Yohann
a d'abord nié. Mais les policiers lui
ont vite présenté les preuves
irréfutables de sa présence,
le jour du crime, au Plessis-Robinson. Je
suis devenu fou, leur a avoué ce garçon
décrit comme « poli » et
dépourvu de tout antécédent
judiciaire. Il ne supportait plus les aventures
amoureuses de sa nouvelle amie, lancée
sur le Net à la recherche de trop d'âmes
sœurs. (Avec AP, AFP.)
MARC METDEPENNINGEN
© Rossel et Cie SA, Le Soir en ligne,
Bruxelles, 2002
|
|