ANGÈLE
BERNARDIN SAAGHY - 28 septembre 2000
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L'histoire que nous vous présentons
aujourd'hui est un beau roman des temps modernes.
Elle vit au Manitoba, lui en Australie. Ils
sont tombés en amour sur Internet.
Voici une rencontre virtuelle qui s'est soldée
par un mariage bien réel.
-J'étais mère monoparentale,
alors je passais beaucoup de temps à
la maison. Les soirées, je couchais
mes enfants et là je m'ennuyais alors
j'embarquais à l'Internet. J'ai trouvé
un petit programme appelé ICQ. Alors
quand tu l'épelles, c'est «I
seek you». Ma mère, elle me voyait
me lever le matin à 6 heures du matin
pour parler à ce gars-là qui
était de l'autre bord de l'océan.
Alors elle me dit: «Angèle, fais
attention, tu ne sais jamais quelle sorte
de personne ça va être, qu'est-ce
qui va t'arriver, il ne faut pas que tu lui
donnes trop d'informations».
-La première question que je lui
ai demandée, je pense, c'était:
qu'est-ce qu'il faisait dans la vie? Alors
il m'a répondu qu'il était «Captain
of the ducks», qu'il était capitaine
des canards. Alors là, on a commencé.
Alors là, j'ai constaté que
naturellement il travaille sous l'eau ou dessus
de l'eau ou à côté de
l'eau. J'avais trouvé ça vraiment
intéressant qu'il m'avait lancé
ça comme ça puis qu'il ne m'avait
pas dit directement ce qu'il faisait. Pas
parce que je pensais qu'il essayait de me
cacher des choses, mais je voyais déjà
son humour alors c'était vraiment le
fun.
-On a trouvé un programme appelé
FreeTalk. On est allés le télécharger,
ça coûtait pas un cent. Il fallait
juste avoir un peu de patience parce que des
fois, ton système arrête, il
bloque, il faut repartir ton système
et des choses comme ça. Mais on a passé
des heures et des heures sur ce système-là.
Comment avez vous fini par tomber amoureux?
-C'est qu'on a réalisé qu'il
y avait une tragédie en commun entre
nous deux. On a vécu chacun quelque
chose de très sérieux dans notre
vie et puis c'est là que ça
a déclenché, puis on a vraiment
commencé à se parler du coeur.
Là, ce n'était plus des petites
conversations anodines?
-Ah! non. Là c'était comme
des 4 heures de temps à la fois.
-Là, quand Zoltan est arrivé,
quand l'avion est arrivé, quand les
portes ont ouvert, puis il est descendu en
bas, je me suis dit: c'est lui, c'est lui!
Je ne savais pas quoi faire. J'étais
tout comme sourire, grand sourire. J'étais
toute nerveuse, j'avais les mains toute collantes.
Puis en tout cas, il est descendu en bas puis
on s'est approchés, tu sais, puis là,
bien on s'est juste pris dans les bras un
de l'autre puis on s'est donné un petit
baiser et puis c'était un moment super
spécial. C'était, je pense que
l'on aura jamais encore ce feeling-là.
Tu voulais sortir de ta peau. Bien c'est que
la maintenant, on était dans la même
maison, dans le même pays. Moi je travaillais
encore alors on avait vraiment les réalités
de la vie qui nous arrivaient en pleine face.
Alors ça a été difficile
pour lui au début, mais il s'est adapté
très très bien.
-Il fallait qu'on passe à travers
cette étape-là pour voir vraiment
si c'était ça que l'on voulait
avoir, était-ce vraiment la situation
idéale qu'on voulait vivre. Et puis
oui!
-Et puis c'est à ce moment-là
qu'il m'a dit: «Can i ask you something?»
Puis là, il y avait comme un silence.
J'ai dit oui. Et puis il m'a demandé
de le marier. Il m'a demandé si je
voulais être son épouse. Alors
j'ai attendu quelques secondes et j'ai dit
oui, tout de suite. Même on a choisi
nos bagues, nos joncs via l'Internet. Il m'a
envoyé des photos «balayées»,
et puis il m'a dit: si tu me donnes une idée
de ce que tu aimes, il dit, moi, je vais choisir.
J'ai dit d'accord. Alors on a décidé
que moi j'étais pour aller en Australie.
Et puis quand je suis arrivée à
l'aéroport en Australie, il avait une
enseigne jaune qui disait: Angèle,
ma femme, veux-tu m'épouser? À
l'aéroport!
-Je pense que tout le monde à toujours
l'idée d'une personne dans leur tête
avec qui il pense que, tu sais, ça
serait de la magie, ça va être
l'histoire à ne jamais finir. Bien
c'est lui! On a mis une demande à Immigration
Canada et puis on attend une réponse
puis j'espère que ça va être
bientôt.
-Ça c'est à maman. OK. C'est
le fun ça, hein? On s'envoie des cadeaux,
on se parle au téléphone, on
se parle à Internet encore plus. Mais,
même si on est loin, on est toujours
ensemble d'une façon ou d'une autre,
soit en pensée, en message. Il n'y
a pas de différences. Il est toujours
impliqué dans ma vie puis moi je suis
toujours impliquée dans la sienne.
Est-ce qu'il y a des fois ou vous aimeriez
ça juste le serrer dans vos bras?
-Ah! oui, ça j'y pense souvent, souvent,
souvent. Oui. Des fois, je vais m'asseoir
en haut, tranquille, puis les enfants sont
partis se coucher puis je dis: Ah! Seigneur,
que ca serait bon que je sois collée
contre lui, puis même rien dire, pas
besoin d'absolument rien dire, mais juste
d'être là, tranquille, dans la
même salle, sur le même fauteuil.
-C'est long par bout, c'est difficile, c'est
décourageant. Mais parce que je sais
qu'il est là, puis que lui il passe
les mêmes choses avec moi, ça
simplifie les choses. On sait que ça
va venir un jour, on ne sait pas quand, mais
on sait que quand ça va arriver, ça
va être mauditement bon.
Zoltan a finalement obtenu son statut de
résident permanent. Il est arrivé
au Canada en juin dernier, presque 2 ans jours
pour jour après le premier message
ICQ. Et cette histoire pourrait continuer
de faire des petits, Zoltan et Angèle
caressent le rêve d'avoir un enfant.
ANGÈLE BERNARDIN SAAGHY
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